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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 16:16

"Le lundi matin, 25 novembre 1940, commença notre travail à l'usine.

A six heures trente, lever et toilette, après, jus et casse-croûte.

A huit heures, le vieux Max, qui dorénavant s'occupera de nous, vint nous chercher en compagnie d'un directeur. Nous descendons à l'usine.

 

Nous sûmes alors que nous nous trouvions dans une usine de carosserie automobile militaire."

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IL s'agit de l'usine de carosserie Otto Kühn et Co, kommando dépendant du stalag IVD de Torgau.

 

Karosseriewerk Otto Kühn und Co

39-40 , Merseburgerstrasse

Halle/saale

 


usine kuhn 1

               ce qui reste de l'usine aujourd'hui ( google earth )

 

 

A partir des années 20, l'usine était le principal fournisseur de carosseries spéciales pour Opel. Après 1945, elle construit notamment la carosserie de la voiture de tourisme Wartburg.

 

 

 

siege social

                           ancien siège social Karosserie Kühn

 

C'est tout ce que j'ai pu trouvé comme renseignement sur cette usine. J'ai eu l'adresse par les courriers envoyés à mon père par sa famille. Autant les archives de la ville que l'ambassade de France à Bad Arolsen n'ont pu trouver de documents de l'usine à cette époque, une grande partie de ces documents ayant été détruits par faits de guerre et d'après-guerre. Le seul élément retrouvé est qu'il y a bien "de la main d'oeuvre étrangère" qui y a travaillé pendant la guerre.

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"On nous conduisit chacun à son nouvel atelier. Avec deux camarades, je fus placé à la peinture, sous la surveillance d'un petit vieux. Nous avions à peindre des planches travaillées et prêtes au montage. Le travail pour nous ne manquait pas dans cet atelier de scierie où travaillaient une dizaine de menuisiers, qui débitaient et travaillaient tout à la machine.

Notre première journée se passa très bien. Les ouvriers nous regardaient avec un peu de curiosité, sans brimades.

 

A midi et quart, avait lieu la soupe populaire à la cantine de l'usine. Nous autres, nous devions la manger dans notre chambre.

Le travail reprenait à treize heures moins le quart, donc il fallait faire vite. Le soir, le travail finissait à cinq heures, soit huit heures et demi de travail.

 

Le soir, chacun raconta sa première journée et ses impressions, qui étaient toutes bonnes.

 

Et notre vie s'organisa à l'usine où travaillaient dans les trois cent cinquante ouvriers, auxquels on s'habitua assez vite, et desquels on recevait quelquefois des casse-croûtes et des cigarettes.

Nous éions mieux nourris qu'au camp. A midi, on mangeait comme les ouvriers à la cantine, et à partir de la deuxième ou troisième journée, on eût aussi sa gamellée le soir, mais au lieu de toucher cent cinquante grammes de pain tous les trois jours, on n'en recevait plus que cent grammes. En plus, le soir, on touchait pour le casse-croûte une ration de margarine et de pâté, et deux ou trois fois la semaine, des confitures et du café chaud comme le matin.

 

Tous les jours, un homme à tour de rôle restait à la chambre pour le nettoyage et les corvées pour la sentinelle.

Comme propreté, c'était bien. Les lavabos à eau courante étaient contigüs à la chambre. Tous les matins, il fallait se mettre torse nu pour la toilette. Tous les samedi après-midi, à trois heures, nous avions les douches et après, on lavait son linge à l'eau chaude à côté.

 

Le samedi, on ne travaillait pas l'après-midi, mais le matin, on travaillait de huit heures à treize heures trente.

Le dimanche, toute la journée, nous étions renfermés dans la chambre. Le matin, vers huit heures trente, avaient lieu le réveil et le jus. Après, il fallait laver la chambre, les lavabos et les escaliers. Entre tous, c'était vite fait.

Puis, on se mettait au jeu. Cela n'empêchait que ce jour-là paraissait souvent plus long que les autres, avec le cafard qui nous prenait en pensant au pays.

 

 j cartes


Le chauffage central fût terminé au bout d'un huitaine de jours. Avec cela, on pouvait affronter l'hiver sans trop de craintes."

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  • : journal tenu par mon père Joseph Moalic lors de sa captivité en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale
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