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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 18:20

"Nous touchons notre deuxième paye le 20 janvier, et à ma surprise, je reçus vingt-et-un marks vingt-quatre, ainsi que mes deux camarades qui travaillaient avec moi à la peinture. Trois autres, qui travaillaient aux machines, reçurent quinze marks quarante-huit, et le restant douze marks soixante. Cette différence de paiement fût la source de beaucoup de jalousie et de beaucoup de discussions dans notre petite société. Enfin, après quelques jours, le calme revînt.

 

Le mois de janvier se termina tristement comme il était venu, dans la neige, sans m'apporter d'autres nouvelles, ni aucune lueur de liberté prochaine. Et, au fur et à mesure que les semaines passaient, le travail devenait de plus en plus monotone. Le dimanche surtout était cafardeux, enfermés toute la journée sans aucunes distractions que les parties de cartes.

 

 

joueur de cartes 2                                dessin Géo Fosty       meurtre dans un oflag

 

 

Oui, les souffrances morales étaient grandes !

 

A partir du 1er février, nous sommes rattachés au stalag IVE d'Altenburg". (jusqu'à présent, le kommando dépendait du stalag IVD de Torgau)

 

"Le 7 février, je reçois de tristes nouvelles du pays, m'annonçant la mort d'un oncle survenue à Marseille où il était mobilisé et où il était tombé malade, et la disparition d'un autre oncle depuis le mois de mai 1940, lequel on croyait prisonnier, mais dont le manque de nouvelles faisait perdre espoir à la famille.

 

 

lettre yvette

             Guillaume étant son frère, lui aussi prisonnier en Allemagne

 

 

Le 7 également, on toucha une nouvelle paye uniforme cette fois, de ving-quatre marks soixante dix-huit. Avec cela, les coeurs étaient gais, vu que nous pouvions acheter de la bière à la cantine.

 

 

Le dimanche matin , 9 février, nous faisons notre première sortie officielle en ville. Mais sortie peu intéressante, c'était pour aller se faire vacciner au stalag kommando.

Nous faisons quatre ou cinq kilomètres pour nous rendre au stalag kommando de Halle, érigé à la sortie de la ville sur une plaine marécageuse. Arrivés là, beaucoup de prisonniers des environs nous avaient devancé et attendaient leur tour autour des baraques et de l'infirmerie, pataugeant dans la boue et la flotte jusqu'aux chevilles.

 

C'est là qu'on se rendit compte de notre bonheur, dans notre petit logement confortable et bien propre de notre usine, en comparaison de ceux qui logeaient ici dans ce sale coin, et qui se levaient à quatre heures tous les matins pour aller au travail à droite et à gauche, et avaient l'inconvénient d'être encore plus mal nourris que nous.

Après échanges de bonjours et de conversations sur notre sort avec les anciens camarades rencontrés là-bas parmi les nombreux prisonniers, nous étions parmi les groupes de prisonniers les plus favorisés qui travaillaient à Halle.

 

Au retour, tout notre petit groupe était satisfait et heureux de cette constatation.

 

Cette sortie se renouvela le dimanche suivant, de la même façon et dans le même but."

 


halle

                                    usine Kühn  début 1941

 

 

 

Avec cete photo, était jointe une liste de noms. Sans doute les soldats prisonniers avec mon père ? Mais elle comporte vingt-et-un noms, sans mon père. Hors, sur la photo et dans les écrits de mon père, ils sont un groupe de vingt.

ou peut-être ce sont des noms de camarades de régiment arrêtés avec lui ?

Je joins quand même cette liste ici, cela aidera peut être certains dans leurs recherches.

 

 

liste Halle

 

 

 

"Le 25 février, notre ange gardien est changé après trois mois de bons moments passés avec nous, où il vivait comme un roi. Quand il vint nous annoncer son départ et nous dire adieu, il avait le coeur bien gros, se demandant où il allait et ce qui l'attendait. En ce moment, personne n'envia son sort. Et sûrement, plus tard, il a du penser plusieurs fois à l'usine Kühn et à ses anciens prisonniers.

 

Sans autres changements, un nouveau mois finît, sans diminuer notre cafard, ce maudit cafard qui ronge l'esprit.

 

 

soldat cafard 1                                  site mémoire et avenir

 

 

Le 2 mars 1941, nous apprenons par la radio que la sentinelle nous prête, que les soldats allemands sont entrés ce matin en Bulgarie, par la Hongrie et la Roumanie. Une nouvelle phase de la guerre va-t-elle se dérouler ? Nous le souhaitons pour qu'enfin cela finisse. Nous vivons dans l'attente.

 

 

Ce mois, nous commençons à écrire des lettres et cartes doubles pour réponse, nos parents ne peuvent nous écrire autre que sur la feuille réponse. Nous souhaitons que cette mode nous permettra d'avoir des nouvelles plus régulièrement, car en ce moment,  les lettres du pays se font rares.

 


enveloppe yvette

 


 

Les tickets-adresses entrent aussi en vigueur.

Pour les colis, nous expédions le premier ticket le 23. Cela n'empêche que nous recevons les colis sans ces étiquettes.

 

Pendant le mois de mars, il en arriva beaucoup.

 


baraque des colis mea

                distribution des colis  site Mémoire et Avenir

 

 

Les colis mettent environ un mois à un mois-et-demi pour me parvenir."

 

 

 petit colis tout blanc                    poème de Raymond Troye   Meurtre dans un oflag

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  • : journal tenu par mon père Joseph Moalic lors de sa captivité en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale
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