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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 16:07

"Le 13 décembre, nous touchons notre première paye, neuf marks pour la première quinzaine. Cela fût la grande joie, surtout pour les fumeurs qui manquaient de cigarettes. Nous étions payés en monnaie du camp qui n'avait aucune valeur en ville, mais heureusement, il y avait une cantine dans l'usine qui vendait des cigarettes, du tabac, et aussi de la bière à trente-six reichspfennig la canette d'un demi-litre.

 

 

10 pfennigsImark

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2mark 5mark

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

monnaie des camps 

site Mémoire et Avenir

 

 

 

 

 

 

On pouvait donc dépenser sans mal sa petite paye à côté. Le tabac, les cigarettes, la bière étaient chères. Mais quelques jours après, on pût toucher des cigarettes gauloises de la kommandantur des prisonniers de la ville, sept paquets et demi chacun pour un mois, pour vingt reichspfennig.

Après cela, la chambre était bien enfumée le soir après la journée de travail. Dans l'usine, il était interdit de fumer.

 

 

 

A cette époque, nous eûmes aussi plusieurs alertes aux avions anglais, qui venaient bombarder ces régions pourtant éloignées. Notamment le 15 décembre, dans la nuit, vers neuf heures trente, commença la première alerte. La D.C.A. se mît à cracher de toute part, on entendait les avions voler et bombarder au loin.

Ils vinrent sur la ville. On nous fit nous lever et nous habiller et on se tint près de la porte pour descendre à la cave en cas de danger. Les avions s'éloignèrent sans inquiéter notre coin, et nous pouvons nous recoucher vers onze heures trente. Vers deux heures  du matin, nouvelle alerte jusqu'à six heures du matin. Cette fois, on ne se leva pas, les avions restèrent plus loin. La D.C.A. tira comme d'habitude.

 

 

 

bombardeur                                           bombardier

 

 

Ces raids et ces alertes se reproduisirent le 20 de dix heures du soir à trois heures du matin, et la nuit suivante, 21 décembre, pendant toute la nuit. La D.C.A. tira durant toute cette nuit-là, notre coin ne fut pas bombardé.

D'ailleurs, on ne sût jamais les dégâts de ces raids, les "copains" se gardaient bien de nous le dire.

En douce, ces alertes survenues par un temps très froid et au milieu de l'hiver, si loin de la frontière, nous faisaient en présager d'autres et beaucoup de danger pour nous malheureusement dans notre usine, quand les beaux jours viendraient au printemps."

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  • : journal tenu par mon père Joseph Moalic lors de sa captivité en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale
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  • Brigitte
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