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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 19:30

«Août 1941 : Nombreuses alertes la nuit. Notre ville n'a pas encore été inquiétée, heureusement pour nous.


Le 13 août, je reçois une lettre de ma soeur qui m'apprend de bonnes nouvelles. Mon frère Guillaume, prisonnier au stalag XI A en Allemagne, est arrivé à la maison depuis le 16 juillet. De loin, je partage son heureux sort, en attendant qu'il soit aussi le mien, mais ce jour qui nous est caché ne semble pas venir bien vite.»




Son frère guillaume a été prisonnier au stalag XI B de Fallingbostel, en Basse-Saxe, et au stalag XI A d'Altengrabow, ancien camp militaire de Dornitz, près de Magdeburg, en Saxe-Anhalt, sous le numéro de matricule 53760.

 

 

carte Guilaume

  archives de Caen


stalag XIB                                    stalag XI B   pegasusarchive

 

D'après ses lettres écrites à mon père lors de leur captivité, il faisait partie d'un kommando de cinquante-cinq hommes, vingt-cinq travaillant à couper du bois et trente en scierie. Lui-même travaillait à couper du bois en forêt ( départ à six heures le matin, retour à six heures le soir, avec à chaque fois une heure trente de marche )



guillaume liste

                            liste obtenue sur généalogie.com


Ces listes officielles de prisonniers éditées par le Centre National d'Information sur les prisonniers de guerre, ont été établies avec les informations fournies par l'autorité militaire allemande entre 1940 et 1941. Environ trois quart des prisonniers de guerre français y sont répertoriés. Malheureusement, mon père fait partie du quart non répertorié, son nom n'ayant pas été trouvé sur les listes.




«Ma soeur m'apprend en même temps qu'elle a fait des démarches pour moi comme ainé de quatre mineurs. Elle a bon espoir de réussir. Moi, j'en ai moins, les demandes étant si nombreuses. C'est un peu un jeu de hasard. Passerai-je au travers du tamis ?

 


yvette



Don de la croix rouge le 19 et le 28.


Paye le 20 : trente-et-un marks quatre.

 

Tout le mois d'août, temps très mauvais pour la moisson, pluie tous les jours.

Au sujet de la guerre, les bobards avec les ouvriers deviennent très rares. C'est que les succès ne sont pas grands. Sur l'immense front russe, de la Finlande à la Mer noire, la bataille fait rage. Les victimes tombent très nombreuses des deux côtés. Après douze mois de lutte, le front semble stabilisé.

De France, nous parviennent quelques échos d'agitation à Paris, bien regrettables pour notre sort de prisonniers attendant la libération qui tarde à venir. Laval et Marcel Déat sont blessés à Versailles dans un attentat communiste."

 

 

Le 27 août 1941, de hautes personnalités du régime de Vichy ainsi que

Schleier, ministreLVF allemand, célèbrent à la caserne Borgnis-Desbordes à Versailles la remise du drapeau au premier contingent de la LVF (légion des volontaires français), volontaires français sous uniforme nazi en instance de départ pour le front de l'Est, marquant ainsi une première étape de collaboration active. Un ouvrier, Paul Collette, contre cette collaboration, organise un attentat et tire sur Laval et Déat.

 

                                                                     

laval16   marcel deat          
        Laval                             Déat

 

 

 

'Septembre : Le 18, paye de trente marks quatre-vingt-deux et colis de la croix rouge.

 

Le 20 septembre, notre sentinelle nous achète à chacun un litre de vin rouge qui ramène un peu de gaieté dans nos coeurs endurcis, et que nous accueillons avec grande joie.

 

Le 22, nous avons notre première alerte de jour, qui dura une heure. Nous descendons à la cave à deux heures trente de l'après-midi. Les ouvriers n'étaient pas fiers. Au loin, nous entendîmes quelques détonations de bombes et de canons. Jamais on ne sût aucun détail sur ce raid, même les ouvriers n'en surent rien du tout.

 

 


bombardiers 2

 


Dans l'usine, tout était bien organisé pour la défense passive. Les préposés revêtaient leurs tenues et étaient sur leurs gardes à leur place respective.

 

Le dimanche 28 au matin, par un temps magnifique, nous sommes conduits au grand kommando de la ville pour la vaccination contre la typhoïde. Nous rencontrons là des camarades, mais les bobards sont moins nombreux qu'au mois de février lors de la vaccination précédente, malgré que la guerre bat son plein en Russie."

 


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  • : journal tenu par mon père Joseph Moalic lors de sa captivité en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale
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