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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 18:27

 

 

"Le 23 juin 1941, un camarade, Julien Tanguy, du Morbihan, faisant partie de notre petit kommando, s'en va vers la France, appartenant à la classe 1919. Il part dans l'après-midi rejoindre ses heureux collègues anciens combattants au grand kommando de la ville, pour être dirigé au grand stalag IVB à Mühlberg, et de là sur le camp de Châlons-sur-Marne pour être libéré.

En nous demandant quand notre tour viendra, nous lui souhaitons bon voyage, en le priant de transmettre quelques nouvelles à nos familles une fois rentré en France, et bien tristement, nous, nous retournons à notre travail.

 

 

Le travail à l'usine donnait son plein depuis les beaux jours. Les camions sortaient à une cadence record pour le nombre des ouvriers.

 

 

camion militaire

 

Comme conséquence, nous faisions une heure de plus de travail par jour, et souvent, le samedi après-midi ou le dimanche matin, il fallait débarquer des châssis, décharger des wagons de matériel ou embarquer des camions finis. Cela bien sûr à notre désagrément, étant tous partisans du moindre effort, surtout que cela ne nous rapportait pas grand-chose.

 

 

Opel-Blitz 2

camion Opel-Blitz, camion allemand le plus répandu de la 2nde guerre mondiale

 

 

 

Le 27, nouveau don de la croix rouge.

 

Le 30, paye : trente-quatre marks soixante-sept.

 

Juillet : Il fait chaud à certains jours. La vie s'écoule sans grands changements pour nous à l'usine. Nous ne faisons plus de sorties le dimanche par la faute de quelques caractères contradictoires.

Après une semaine de lutte en Russie, où on nous annonce des succès éclatants, les bobards deviennent rares par la suite, le front ayant l'air de se stabiliser, et la guerre est très dure la-bas. Aucun ouvrier n'en parle. D'ailleurs, les communiqués sont muets ou presque.

 

Le 16 juillet, don de la croix rouge.

 

Le 20, notre sentinelle tombe malade du typhus et est remplacée par un charmant type qui a fait la campagne de France et a été blessé dans les Ardennes.

 

Le 23, paye : trente marks quatre-vingt-quatorze.

 

Dans la nuit du 25 au 26 juillet, alerte d'une heure. La D.C.A. crache, on entend les avions passer, mais notre ville n'est pas bombardée. Ils s'en vont sur Berlin.

Jusqu'ici, pendant les beaux jours, les alertes ont été rares, les nuits étant trop courtes pour venir de si loin."

 


bombardiers

                                            bombardiers

 


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  • : journal tenu par mon père Joseph Moalic lors de sa captivité en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale
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  • Brigitte
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